26/05/2005

Regard sur l'Episode III

Voilà, avec un petit peu de retard (je vous avais prévenu, les mises à jours, c'est pas mon fort...) ma réaction après la première vision de La Revanche des Sith, l'Episode III de la saga lucasienne. Depuis, je l'ai revu, je compte le revoir encore au moins une fois avant de rédiger un travail en profondeur sur ce troisième opus... Avant de revenir, dans l'idéal et à travers un ouvrage, sur les six épisodes.Désolé, le post sera un peu long, mais bon...Star Wars Episode IIIStar Wars Episode III
La Revanche des Sith


Difficile pour l'instant de se rendre compte que c'est terminé. Oui terminé. Selon toute probabilité, c'est la dernière fois que les cuivres du générique de Star Wars résonneront dans une salle de cinéma. Six films, une légende. Voilà le tout résumé en quatre mots. Six films. Une légende. Et les fondements de cette légende, aujourd'hui, enfin, ils sont là. Visibles pour tous, après tant et tant d'années de fantasmes. Car il est définitivement acquis qu'une bonne partie de la légende Star Wars s'est construire, lentement, mais sûrement, sur le personnage de Darth Vader (désolé, mais le Dark Vador à la française, je ne peux pas le saquer... d'autant que Darth Vader possède une signification que Dark Machin élude totalement... merci la traduc '). Et si bon nombre de fans se sont soudain mués en eninquisiteurs déterminés à se payer la tête de George Lucas c'est peut-être moins parce qu'il a donné un rôle minime à un lapin géant dans le Menace Fantôme que parce qu'il a transformé, dans le même épisode, le futur Lord de Sith en moutard braillard adepte des répliques à deux balles cinquante. Un moutard qui, dans L'Attaque des Clones s'était mué en adolescent geignard amateur de roulé-boulé dans l'herbe avec Natalie Portman (mais là, on ne peut pas vraiment lui en vouloir). Un moutard qui aujourd'hui, doit basculer du côté obscur. Dans un troisième opus où George Lucas ne peut plus reculer, tergiverser, ou trouver des excuses bancales à la relative niaiserie de sa nouvelle trilogie.

Alors, pari réussi ?

Que les allergiques aux spoilers s'arrêtent ici. J'ai beau me triturer les méninges, mais il me paraît difficile de rédiger un papier « à chaud » sans au moins lâcher, même pas inadvertance, des infos sur l'intrigue, l'évolution des personnages ou encore le destin de certains protagonistes. Pour les autres, soyez rassurés, Lucas est avant tout un cinéaste du visuel... C'est sa force (hum, sans jeu de mot...) mais aussi sa faiblesse. Et aucun mot ne peut vraiment décrire le festival visuel que représente cet ultime plongée dans la saga cinématographique la plus importante du cinéma moderne.

The story so far...


La Guerre des Clones est quasi terminée. Les séparatistes reculent sur plusieurs fronts lorsque soudain, dans un sursaut machiavélique, le Comte Dooku et le Général Grievious parviennent à frapper le coeur de la république et à enlever le Chancelier Palapatine. Anakin Skywalker et Obi Wan Kenobi, jedi légendaires de la guerre des Clones se lancent aux secours de l'homme le plus haut placé de la république...


Si La Menace Fantôme et L'Attaque des Clones péchaient un peu par un démarrage en roue libre, avec un découpage chaotique et une ligne narrative pas toujours très claire, La Revanche des Sith vous arrache littéralement de votre siège pour vous jeter tête la première dans une bataille des plus furieuses ! Enfin libérer sur le plan technologique, Lucas arrête de nous concocter des plans de maquettes réalisés en images de synthèses et s'offre enfin des chassés-croisés époustouflants le long de la coque de superdestroyer, des enchaînements de plan à faire mousser un Michael Bay et un découpage speed sans être brouillon. Ca explose dans tous les coins, ça canarde et ça fait mal... Et globalement c'est une impression qui se dégage de quasiment toutes les scènes d'actions du film : un côté brut de décoffrage, avec de la poussière, des cris, des coups qui portent et finalement des victimes qui ne sont en rien d'anonymes bouillies de pixels.

Après les vingt minutes d'ouverture époustouflante où le jeu des acteurs se mets enfin au diapason des effets , le film prend une grande respiration... Assez pour que Lucas nous déballe, avec parfois une faiblesse dans les dialogues qui le caractérise, les enjeux de l'histoire. La corruption de plus en plus évidente du Sénat, l'arrogance et l'aveuglement des Jedis, le processus de séduction entamé par Palpatine, les peurs de Padmés et surtout celle d'Anakin. Cette peur de perdre l'être cher qui le tenaille depuis son départ de Tatooine et qui sera, au final, l'instrument de sa chute. Cette chute justement, magnifiquement orchestrée par Darh Sidious (une mention spéciale à Ian MacDiarmid, suave à souhait...) et consommé dans une scènes mémorable où Darth Vader fait enfin son apparition... Sans pour autant enfiler son armure. Dans logique implacable, cette chute emporte tout le film dans la noirceur la plus profonde. A partir de cet instant, le point de non retour est atteind et Lucas se débarrasse de certains tics horripilants (droïdes soi-disant drôles, effets sonores débiles, rappel trop lourds à l'ancienne trilogie...) pour enfin traiter son sujet avec tout le sérieux d'une tragédie aux résonances galactiques.


Le Côté Obscur


Et lorsque Lucas est heureux de pouvoir éclairer son film de rouge et de noir, le sepctateur se laisse emporter dans une véritable festival d'émotions, de violence et d'images totalement inoubliables. Du massacre des Jedis (même les enfants y passent...) au duel entre Yoda et Palapatine en passant par la soudaine volte-face des clones, tout concourt à donner à cet Episode III la noirceur tant espérée. Jusqu'à ce duel final. Celui, tant attendu, tant rêvé par les fans, entre Anakin et Obi Wan, entre le maître et l'élève... Mais aussi et surtout entre deux amis dont l'un n'a jamais su vraiment exprimer son amour, trop pris qu'il était par les préceptes des chevaliers Jedi et l'autre a trop souvent laissé parler ses sentiments au point de se laisser manipuler par un Darth Sidious retord. Un duel à mort, un duel emprunt de désespoir, un duel porteur de solitude.


Bref...


Pas besoin de vous faire un dessin. J'ai adoré cette Revanche des Sith... Même si, dans sa première demi-heure, virtuose, les droïdes clowns m'ont excédé. Même si la chute d'Anakin semble trop rapide. Même si, alors qu'il assure ne pas faire ses films pour les fans, Lucas glisse dans son scénario des éléments inutiles par pur mercantilisme (franchement, que viennent faire les wookies dans cette histoire ? Rien. de la figuration ou mieux...). Même si les fans les plus pointilleux débusqueront sans mal les questions qui restent posées (pourquoi, surtout, Obi Wan ne reconnaît-il pas C3PO et R2D2 ????). Même si lorsque l'écran de fin à surgit j'ai sentis comme un grand vide, un manque... Parce que cette fois, le livre se referme bel et bien et aucun nouveau chapitre ne viendra alimenter nos fantasmes durant trois années de gestation...


Mais franchement, le rideau tombe sur un bien bel épisode. Un épisode qui divisera, c'est certain, mais qui résistera sans doute beaucoup mieux que les deux premiers opus de cette trilogie à la marque du temps. Ne serais-ce que parce qu'enfin, George Lucas semble avoir dompté tous les outils à son service... On est du coup curieux de voir ce que le réalisateur et non plus le bâtisseur de saga, nous réserve pour l'avenir...

21:36 Écrit par Chris | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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