07/07/2006

Critique Livre : Opération Silverfin (James Bond)

Alors que les nouvelles aventures cinématographiques de James Bond débouleront sur nos écrans en novembre prochain, aventures lors desquelles l’agent secret de sa Majesté changera de binette pour la cinquième fois de sa carrière, la carrière littéraire de 007 était plutôt en veilleuse ces dernières années. Certes, John Gardner ou encore Raymond Benson s’étaient attelés dans les années 80 et 90 à entretenir discrètement le feu bondien, mais la diffusion de ces histoires inédites étaient, au mieux anecdotiques. Avouons aussi que la nouvelle génération des thrillers et autres histoires d’espionnage moderne (Tom Clancy, Robert Ludlum, Lee Child…) mettait un peu à mal la formule Flemming, profondément ancrée dans la Guerre Froide et ses mécanismes.

La surprise devait venir des ayants droit de l’héritage littéraire de Ian Flemming, avec l’annonce de la mise en chantier d’une série « Young Bond », consacrée à la jeunesse de l’agent secret. Certes, la succès phénoménal d’Harry Potter et de la littérature jeunesse en général, n’était pas pour rien dans cette décision. Quitte à « réinventer » - notion décidemment très à la mode - James Bond autant le faire en direction d’un public avide de nouvelle lecture.Ce que nous pouvait pas prévoir les bailleurs de fonds de cette opération apparemment lucrative, c’est que le succès dépasse de loin la simple « niche » des jeunes lecteurs !Dans Silverfin, on retrouve James Bond jeune adolescent au caractère déjà trempé, frappé de plein fouet par la mort de ses parents et obligés de se reconstruire dans la peau d’un orphelin. Le destin le jettera, lors de ses premières vacances, sur le chemin d’un scientifique mégalomaniaques près à tout pour dominer le monde !

Si la formule bondienne ne change pas, ce qui fait la force des nouvelles aventures écrites par Charlie Higson c’est son profond respect pour le lecteur… quel que soit son âge. L’histoire est rondement menée, les personnages échappent à la caricature, les scènes d’actions ont toute la puissance d’évocation des blockbusters d’aujourd’hui… Et dans le même temps, Higson parvient à semer dans sa narration des éléments clairement destinés au public adulte, connaisseur de l’univers de Bond. Mieux, il se permet de subtils références qui ne ralentissent en rien son récit, mais sont de véritables pépites pour le lecteur mature.Un soi-disant « coup médiatique » qui devient un roman plus que recommandable ? Franchement, que demandez de plus ?

10:42 Écrit par Chris dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

03/07/2006

Critique Livre : Vous Revoir, Marc Levy

Dans une interview que vous pouvez retrouver sur Lire est Un Plaisir, Marc Levy présente cette suite de « Si c’était vrai… » avec toute la sincérité d’un auteur amoureux de chacune de ses créations… Et loin de moi l’idée de douter de la véracité des sentiments du bonhomme. Après tout, « dans sa branche », la comédie romantique agrémentée d’un zeste de fantastique, Marc Levy est plutôt le maître jedi incontesté… Même si Guillaume Musso, petit padawan trop vite associé au sympathique barbu, lui chatouille chaque année un peu plus les doigts de pieds avec sa plus grande versatilité… Mais là n’est pas le propos.L’homme est sincère donc… Son livre un peu moins… Tout simplement parce que Vous Revoir accumule les mêmes erreurs que n’importe quelle séquelle hollywoodienne emballée sans grand enthousiasme. N’est pas Coppola qui veut et Le Parrain 2 reste une exception trop rare dans le paysage des suites capables de détrôner les originaux. Et si même on ne parlait pas de « détrôner », mais simplement d’égaler, en plaisir de lecture, Vous Revoir manque encore le coche. Pas de vingt mètres, le tir était presque cadré, mais les joueurs semblent avoir cafouillés dans le grand rectangle (ça y est, moi qui déteste le foot, la Coupe du Monde s’invite par osmose dans mes textes maintenant…). Le retour de Lauren et Arthur ressemble trop à une sorte de best-of de leurs premières aventures, les personnages principaux ayant simplement échangé leur place… sous la houlette d’un auteur tout puissant qui s’amuse plus qu’il ne nous amuse à jeter des obstacles inutiles sur la route de ses héros. L’exercice tourne à vide, le suspense semble sans enjeu (pas question de vous révéler la fin, mais franchement, pas besoin d’aller cherche bien loin…) et le sommet est atteint lorsque des informations sur certains personnages nous sont livrées dans de petits paragraphes inutiles, qui ressemblent davantage à des notes prise à la va vite qu’à de réelle exercices littéraires.Au final, on ne peut pas en vouloir à Marc Levy d’avoir cédé à la pression populaire (autant qu’à celle des studios ? honnêtement, le développement de cette intrigue fait parfois penser à un séquelle prête à tourner… dont la mise en chantier aurait été condamnée par la contre performance de « Si c’était vrai » au cinéma…) mais pour les vrais amoureux de son premier roman, peut-être vaut-il mieux se contenter d’imaginer cette suite plutôt que de la découvrir noir sur blanc.

10:12 Écrit par Chris | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Critique Livre : Creepers, de David Morrell

Il existe, en littérature, comme au cinéma d’ailleurs, des séries « b » sans prétention, mais qui s’avèrent rapidement tout aussi passionnante que les grosses machines promotionnées à grand coup de millions. Creepers, de David Morrell, fait partie de ces romans qui ne verront jamais la lumière du jour en français (enfin, il ne faut jamais dire jamais, mais je doute…) tout simplement parce qu’il ne correspond pas au style habituel de son auteur. Connu pour avoir créer Rambo, avant que Sly Stallone n’en fasse une îcone triomphante de l’Amérique reaganienne, Morrell est ensuite devenu un bon client dans la catégorie « complot politique » et « intrigue complexe ». Creepers est à mille lieues de tout cela, puisqu’il prend pour personnages centraux, des explorateurs urbains, ces amateurs de bâtiments promis à la démolition où s’entassent les souvenirs d’autres temps. Lorsque le roman s’ouvre, nous accompagnons un journaliste sur les traces de ces explorateurs, lancés dans le découverte d’un ancien hôtel, construit jadis par une sorte de Howard Hughes pas net. Evidemment, ce qui devait être une promenade de santé, ou presque, vire rapidement au cauchemar : l’hôtel est une véritable chausse-trappe géante et les explorateurs ne sont de toute évidence pas seul à rôder entre les murs rongés par l’humidité et les rats.De main de maître, Morrell nous projette de scènes d’action en surprises, de révélations en situation d’une violence soudaine, avant de nous emporter, comme ses personnages, dans un torrent de pluie, de boue et de débris du passé.Bien entendu, ce Creepers ne remportera jamais de prix littéraire et les réactions de certains personnages peuvent faire sourire par leur côté stéréotypé, mais tout comme le « gentil » s’identifie sans mal aux premières images d’une série « b », les codes ici mis en place font partie du plaisir de la lecture pour les amateurs… Et pour les autres !

09:48 Écrit par Chris | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |