06/04/2008

Avis Roman : Mort ou Presque de Peter James

peter_james1Après « Comme une Tombe » et « La Mort Leur Va Si Bien », Peter James et son détective constable Roy Grace sont de retour pour une troisième aventure, intitulée « Mort ou Presque » pour le plus grand plaisir des lecteurs… patients.

Avec « Comme une Tombe », Peter James, vieux routier du thriller aux frontières du fantastique et de la psychanalyse, faisait une entrée fracassante dans le milieu, pourtant très fréquenté du polar moderne. La recette est connue, mais pas toujours facile à réussir : un enquêteur émérite au passé difficile, une ville pittoresque mais rongée sous la surface, des procédures policières intelligemment détaillées et enfin un argument de départ à couper le souffle. Toute la question est alors de savoir si l’auteur, lancé sur le rythme infernal (commercial ?) d’une sortie annuelle est capable d’aligner les paniers trois points avec une régularité de champion de la NBA.

Dès le coup de sifflet, « Mort au Presque », démarre fort. Le meurtre d’une jolie jeune femme de la haute société de Brighton semble avoir été commis par son mari… qui se trouvait, à l’heure fatidique, dans son appartement londonien. Un casse-tête de première catégorie, d’autant que le dit mari semble frappé d’amnésie lorsque sa maîtresse, elle aussi londonienne, prétend dur comme fer avoir passé la nuit du crime en sa compagnie. Une énigme que le lecteur verra s’éclaircir au fil de cinq cents pages ! Yes, vous avez bien lu. Five hundred. Attention, loin de moi l’idée de stigmatiser un roman sur son nombre de pages… Mais le soucis, dans ce cas présent, c’est que Peter James semble vouloir multiplier les intrigues secondaires, revenir en profondeur sur le background de Roy Grace et la disparition mystérieuse de son épouse neuf ans plus tôt, traiter les problèmes de couple et de cohabitation entre Grace et son adjoint… Tout en suivant la piste du (ou des ?) tueurs et de ses victimes. Un exercice de jonglerie que James maîtrise totalement au point de vue du rythme… mais qui pêche par le peu d’intérêt de certaines de ces intrigues. Prisonnier d’une mécanique parfaitement huilée, mais dont les détours semblent parfois bien inutiles, le lecteur risque, à terme, de se lasser et de perdre son attrait pour l’intrigue principale.

On classera ce roman dans la catégorie des œuvres « de transition », un opus qui permettra à Peter James de recharger ses batteries et nous revenir en pleine forme pour la prochaine enquête de Roy Grace.

16:48 Écrit par Chris dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : critique, roman, avis |  Facebook |

26/03/2008

Avis Ciné : John Rambo

ramboLa grande machine à recycler qui alimente la production hollywoodienne depuis les premiers balbutiements du cinématographe ne pouvait pas manquer de régurgiter, sous une formes ou une autre, les icônes de l’actionner eighties. Après Rocky Balboa, revenu d’entre les cordes, un John McClane sournoisement émasculé, mais drôle et avant un Indiana Jones qui semble être le seul à vouloir jouer à fond la carte de l’inévitable vieillissement, John Rambo nous revient dans une courte aventure aux allures de pamphlet paradoxal.

Commencé comme un survival, au cœur duquel un ancien militaire se voyait rejeté par la société qui l’avait envoyé au casse-pipe, la série, inspirée d’un roman de David Morell, était rapidement devenue le porte drapeau d’une idéologie revancharde, alimentée par les fondements manichéens et ultra-libéraux de l’ère Reagan. Sa réapparition, dans un contexte proche mais pas identique, allait-elle sonner le retour d’un Stallone hypertrophié, enfermé dans l’archétype du héros indestructible, seul capable de venger l’honneur d’un drapeau incendié ?  Là, la réponse est non. Plantant son décor dans un coin de la planète où les américains n’ont pas grand intérêt à traîner leurs bottes de gendarmes du monde, à la frontière entre la Thaïlande et la Birmanie, Stallone cherche avant tout à schématiser un état de guerre. Dans son expression la plus abjecte, la plus cruelle, la plus animale et la plus excessive. Dans cette « mise en situation » éprouvante, rien ne nous sera épargner : torture, exécution arbitraire, viol, massacre d’enfants et de femmes… Le tout avec un choix de mise en scène ultra réaliste qui secouera les plus aguerris. Dans cet environnement John Rambo s’impose clairement comme « celui qui sait ». Soldat lui-même, rongé par la violence de ses exactions passées, il n’est plus, comme dans les opus précédent, un grain de sable, une pièce rapportée, une épine dans le pied d’un éventuel tortionnaire. D’ailleurs, dans un monologue intérieur marmonné sur fond de forge infernale, Stallone glisse dans la bouche de son personnage ce qui s’apparente à une confession. Il ne s’est jamais vraiment battu pour son pays, il s’est battu parce qu’il aime ça, parce que cette violence, cet esprit de lutte fait partie de lui, coule dans ses veines. Reste alors à la machine de guerre, réconciliée avec elle-même après trois films d’errance, à puiser dans ce bouillonnement de violence pour répondre aux agresseurs par une agression plus radicale encore. Dans un déferlement cru, sanglants à l’excès, mais cinématographiquement lisible, Stallone filme un véritable carnage où la figure de guerrier iconique demeure, par des procédés cinématographiques évidents (présence au second plan, déplacement furtif, objet servant d’interface avec l’action…) en retrait de l’action principale.

Un chaos final qui semble être le passage obligé pour Rambo avant un retour vers ses racines américaines et un plan final qui rappelle, avec justesse, les premières images de First Blood.

Loin d’être destiné à tous les publics, emballé dans solide couche de violence, à appréhender avec un minimum de recul et de réflexion (je sais, pour un « Rambo », cela peut paraître surprenant…) ce « John Rambo » n’en demeure pas moins la mise à jour intéressante d’un mythe cinématographique que l’on aurait pu croire engluer dans une idéologie de droite radicale.

16:01 Écrit par Chris dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinema, critique |  Facebook |

16/03/2008

Avis Ciné : 10.000 BC

bcComme chaque fois, lors de la sortie d'un film de ce bon vieux Roland Emmerich, la critique fait rage et les noms d'oiseaux volent à basse altitude ! Il faut dire qu'avec un palmarès comme celui de l'allemand expatrié le plus américanophile que la terre ai jamais porté, les journalistes de tous bords boivent du petit lait. Incarnant quasi à lui tout seul le manichéisme, les films creux et la défense de valeurs dont seuls les habitants du pays de l'Oncle Sam semblent avoir le secret, Emmerich est également un money-maker que les studios adorent! Et ce n'est pas avec ce 10.000 BC que les choses vont changer ! Grand livre d'images sans prétention, 10.000 BC possède deux niveau de lecture. Soit, on y voit une aventure naïve, qui fait fi des conventions géographiques, historiques et biologiques pour illustrer une histoire baignée d'archétypes. Soit on y analyse une bouse sans nom, bourrées jusqu'à la gueule d'incohérence, de clichés et de mécaniques scénaristiques à faire pleurer de rire un élève d'école maternelle...

Comme toujours, la réalité ce trouve quelque part entre les deux. En excellent faiseur, Emmerich parvient à maintenir l'attention du spectateur tout en composant des images d'une beauté certaines. Le scénario, ultra-classique, ne réserve aucune surprise mais prend la peine de puiser son inspiration dans un bain quelque peu original (cette année, entre suites et adaptations de BD, l'été sera encore très "scénario adapté de..."). Par contre, l'erreur cardinale commise par Emmerich repose peut-être, paradoxalement, dans l'aspect "terrien"' de son aventure. Vouloir à tout prix nous faire croire que ce film pourrait s'être déroulé dans un passé lointain ouvre la porte à tant de remarques, tant de critiques, tant d'incohérence, que l'on en viendrait à penser qu'il aurait été plus malin de la part de l'allemand fantaisiste de laisser jusqu'au bout planer le doute sur le cadre géographique au sens large de son aventure. Cela aurait alors été pour lui l'occasion de proposer une aventure épique, de pousser plus loin certains délires (pourquoi le chasseur n'apprivoise-t-il pas le tigre à dent de sabre pour en faire sa monture ?) et d'oublier toute restriction plutôt que de tenter, parfois maladroitement, de justifier un ancrage... dont le spectateur se serait bien passé.

11:09 Écrit par Chris dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : cinema, critique |  Facebook |

15/03/2008

Lecture : Deep Storm de Lincoln Child


deepQu'il soit en compagnie de son pote Douglas Preston ou en solo, Lincoln Child sait ce que le mot "efficacité" veut dire. En d'autres termes, si vous ouvrez ce "Deep Storm" en espérant y découvrir une perle d'originalité, montée sur un collier de profondes réflexions sur l'état du monde, avec en guise de fermoir une analyse fine des relations complexes entre être humains... vous risquez d'être déçu. Dès les premières pages, le lecteur plonge à la verticale sous la structure d'une plate-forme de forage géante pour y découvrir... quoi ? Hé, hé, la force de Lincoln Child étant également sa propension à ménager le suspense et à distiller avec intelligence des ingrédients pour le moins classiques, ne comptez pas sur moi pour aller plus loin dans le résumé...

Deep Storm est donc l'archétype de la lecture détente, pleine de personnages taillés à la hache (oui, les méchants sont vraiment méchants et les gentils s'en sortent à la fin... remarquez en ces temps de nécessaire perversion des codes, cela deviendrait presque original d'utiliser ce genre de construction...) et de décors titanesques... qui ne demande qu'à partir en sucette !

Soit on dévore ces trois cents et quelques pages en deux jours, comme on s'enfile une bonne série B, soit on reste à la porte dès les premiers paragraphes où le héros aux machoires carrées s'extasie devant les derniers raffinements de la technologie sous-marine... Moi, j'ai fait mon choix !

 

19:15 Écrit par Chris dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : lecture, critique |  Facebook |

12/03/2008

Lecture : Le costume du mort, de Joe Hill

costumeJe vous l'accorde tout de go, "Le Costume du Mort" ce n'est certes pas le titre le plus sexy pour un premier roman. C'est disons... plat. Comme l'encéphalogramme du susnommé mort, me souffle ma mauvaise conscience humoristique, qui semble avoir pris des cours de vannes, du côté de Bel RTL, entre 16 h et 18 h. (Soit, dans Les Grosses Têtes, grand prince, je donne la soluce de ma propre énigme pour les fatigués du bulbe, les ralentis du cortex et autre personne à intelligence réduite...).

Et je m'éloigne, comme de coutume de mon sujet.

Le Costume du Mort, soit le premier roman d'un certain Joe Hill, jeune auteur américain dont le talent éblouis (je n'ai pas peur des mots...) dès les premières pages de cette terrifiante et rock ' n' rollesque descente aux enfers.

 Le Costume du Mort, soit l'histoire d'une ex-star du rock qui collectionne les objets bizarres und maccabres (genre un poil de cul du chien de Charles Manson, mais c'est un exemple gratuit qui n'est pas dedans le livre) et qui emporte un jour, sur E-Bay, une enchère consacrée à un costume hanté.

 Le Costume du Mort, soit un costume donc, réellement hanté et un marché de dupe qui vire rapidement à l'introspection meurtrière et au road-movie vachard. Le tout emballé dans une écriture vive, lardée d'images fortes et tressée sur un canevas dont le rythme ne faiblit jamais. Du lourd, du neuf et du terrorifiant quoi !

 Le Costume du MOrt, soit un livre  que j'ai envie de vous obliger à acheter, sans même vous dire que Joe Hill est le fils de Stephen King... Merde, j'l'ai dit.

 

20:37 Écrit par Chris dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : lecture, critique |  Facebook |

27/08/2007

Lecture : Last Call d'Alex Barclay

Ma critique de Last Call, d'Alex Barclay est en ligne sur http://lireestunplaisir.skynetblogs.be/

Au-delà de la valeur littéraire du roman, sur laquelle je m'étends sur le blog de Brice Depasse, je ne peux m'empêcher de faire un petit apparté quant au choix du titre "français" de cette oeuvre. En V.O. "The Caller", devient donc "Last Call" en V.F. de la Quatrième dimension.

Il faudra tout de même que l'on m'explique ce qui rend le second titre plus compréhensible que le premier pour un lectorat non anglophone/phile.

Duh ! comme dirait Homer Simpson.

21:43 Écrit par Chris dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : critique, lecture |  Facebook |